Présentation du livre
LETTRE À TU ET À TOI de Faubert Bolivar est un ensemble de deux poèmes en prose publié chez ANIBWE.
Le poète haïtien-martiniquais écrit une lettre qui n’en est pas une : adresse éclatée, voix multiples, corps absents, souvenirs qui brûlent.
« Voilà, mes mains qui s’en vont, comme deux mains savent s’en aller. Et, mon regard sur votre corps absent parle la langue des écorchés. Je me souviens de votre corps de soir où les pleurs tombaient de votre coin de miel et mouillaient nos deux corps, qui, depuis, s’en sont allés comme deux cœurs doivent s’en aller. L’un de l’autre. Je l’aime en tous, toi, touchée par tout, par tous, par toutes, pour tous, pour s’en aller dans d’autres corps enlacés comme les corps doivent s’en aller. »
Une adresse à l’éclaté
Le titre dit tout : “tu” et “toi”. Deux poèmes, deux adresses, peut-être la même. Faubert Bolivar joue avec la grammaire de l’intime. Il parle à une absence, à un corps qui n’est plus là mais qui hante. Il parle à tous, à toutes, pour tous. La lettre devient incantation, dispersion, multiplication.
« Je vous reviens. Et je vous aime tout de soleil troublé. Dans le désir de la brièveté de la cignette qui éclaire la cendre des balsams morts. » La poésie de Bolivar ne fuit pas la cendre. Elle l’éclaire. Elle dit la brièveté, la perte, et le désir qui persiste malgré tout.
Langue des écorchés, corps de soir
Les images sont fortes, charnelles. “Langue des écorchés” pour dire le regard sur l’absence. “Corps de soir” où les pleurs tombent comme du miel. Bolivar mêle douceur et blessure. Il ne choisit pas : il garde les deux. C’est ça, la poésie en prose : la pensée qui coule, la blessure qui chante.
Ces deux poèmes sont courts, mais ils tiennent debout comme des piliers. Ils disent la séparation, la mémoire du corps, l’amour qui passe d’un corps à l’autre, la nécessité de s’en aller pour revenir.
Pourquoi lire ce recueil
- Une écriture vive : poésie en prose sans lourdeur, avec rythme et souffle
- Une voix haïtienne-martiniquaise : Faubert Bolivar porte plusieurs langues, plusieurs corps
- Un format accessible : 51 pages pour entrer vite dans l’univers du poète
- Une intensité : chaque phrase porte, chaque image reste
Ce recueil s’adresse aux amateurs de poésie contemporaine, aux lecteurs d’Haïti et de la Caraïbe, et à tous ceux qui cherchent des mots pour dire la séparation et le retour.
L’auteur : Faubert Bolivar
Faubert Bolivar est né à Port-au-Prince le 23 septembre 1979 et vit en Martinique où il enseigne la philosophie, discipline qu’il a étudiée à l’École Normale Supérieure de Port-au-Prince, puis à l’Université Paris II. Poète et écrivain, il est l’auteur d’un ensemble de textes – essai, poésie, nouvelle, théâtre, article de journal – publiés entièrement ou partiellement dans des ouvrages collectifs, journaux et revues à travers le monde francophone.
Stèrs pour tous les temps de la terre, théâtre, 2011, est son deuxième texte à être intégralement publié, avec sa nouvelle Fast-Lit récompensée en 1991 par le Jury du Prix Jacques Stephen Alexis alors qu’il était encore lycéen. Le poète et éditeur Rodney Saint-Éloi lui a dédié un poème en le présentant comme “un homme aux mains libres”.
Thèmes et lignes de force
- L’absence et la mémoire du corps
- L’adresse éclatée : tu, toi, vous, tous, toutes
- La séparation comme mouvement nécessaire
- Le désir dans la cendre, la brièveté qui éclaire
- La poésie comme langue des écorchés
Détails techniques de l’édition
- Auteur : Faubert Bolivar
- Titre : Lettre à tu et à toi
- Sous-titre : Ensemble de deux poèmes en prose
- Genre : Poésie, littérature haïtienne, littérature caribéenne
- Édition : ANIBWE
- Format : 13 x 20 cm
- Pages : 51
- Parution : 06/2014
- ISBN : 978-291612149-7
- Prix : 6,00 €
Ce que vous allez y découvrir
En lisant Lettre à tu et à toi, vous entrerez dans une écriture qui ne se contente pas de dire “je t’aime”. Elle dit “je vous aime tout de soleil troublé”. Elle dit le corps qui s’en va, le cœur qui doit s’en aller, la main qui revient. Elle dit la poésie comme seul moyen de tenir la perte.
Si vous cherchez un recueil court, intense, qui parle vrai de l’amour et de l’absence, celui de Faubert Bolivar est une voix à écouter.
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